Association Bach en Drôme des Collines

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5, clos le Petit Verger

26260 MARGES

 

Siège social :

Hôtel de Ville
rue Pasteur 10

26260 St Donat Sur l Herbasse

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Festival Bach en Drôme 2009

L'esprit d'ORPHEE

Vendredi 10 juillet à l’Église de Saint-Vallier sur Rhône

Ensemble vocal et instrumental
Alan WOODBRIDGE : Clavecin, Orgue et Direction ; Maki NAKANISHI : Soprano ; Marie COGNARD : Soprano ; Celia ROUSSEL BARBER : Alto ; Didier ROUSSEL : Ténor ; Jean François GAY : Basse ; Florence ROUSSET : Violon ; Aude PESQUIER : Violon ; Christine PLUBEAU : Viole de Gambe

Programme

Alan Woodbridge

Dietrich BUXTEHUDE(1637-1707) – 7ème mouvement de la Cantate Membra Jesu Nostri pour 2 Violons, 5 voix et basso continuo

« Que ton visage s’éclaire au dessus de ton serviteur sauve moi dans ta miséricorde. Je te salue, tête ensanglantée, toute couronnée d’épines, marquée de coups, de blessures, fouettée par le roseau, au visage barbouillé de crachats. Quand il me faudra mourir, ne m’abandonne pas, Viens à l’heure redoutable de la mort, jésus et sans retard, protège moi et délivre moi. Au moment où tu m’ordonnes de quitter ma demeure Jésus bien-aimé, montre toi donc, tu es l’amour que l’on doit embrasser. Apparais donc en personne sur la croix du salut. »

Carl Friedrich ABEL (1723-1787) – Sonate en ré mineur (Allegro, Adagio, Allegro)
Ce compositeur est l’un des derniers qui a composé pour la viole de gambe avec Lidll et Hammer, son style s’apparente déjà au style classique puisqu’il est contemporain de Haydn et Mozart.
Il est le fils du grand Abel, ami de J.S. Bach, pour lequel celui-ci a composé les 3 sonates pour viole et clavecin obligé.

Heinrich SCHÜTZ (1585-1672) – 3 motets
- O lieber Herre Gott, wecke uns auf! – SWV 287 (O seigneur bien-aimé, réveille nous ! Pour que nous soyons prêts lorsque ton fils arrivera…)
- So fahr ich hin zu Jesu Christ – SWV 379 (Je pars ainsi vers le Seigneur, j’étends mon bras, je m’endors paisiblement et ainsi me repose sans qu’on puisse me réveiller car Jésus Christ le fils de Dieu me conduit vers la vie éternelle)
- Selig sind die Toten – SWV 391 (Bienheureux les morts qui meurent en le Seigneur, oui l’Esprit parle, ils se reposent de leur labeur.)

J.S. BACH (1685-1750) – Concerto Italien (clavecin) – Sans indication de tempo, Andante, Presto
Le concerto dans le style italien en fa majeur, constitue avec la Partita en si mineur, la seconde section de la Klavierübung écrite à Leipzig vers 1734 et publiée l’année d’après.
Avec le Concerto Italien, BWV 971, Bach signe un dernier hommage à cet art, dont il fut un temps si proche, un art éloigné de l’absolu musical auquel désormais il ne cessera de tendre.
Le clavecin assure ici à la fois le rôle du tutti et celui de soliste. L’oeuvre joue en permanence sur cette opposition.
Les premier et troisième mouvements adoptent la forme ritournelle, si représentative du concerto baroque. Le mouvement, lent en ré mineur, évoque un accompagnement orchestral soutenant une mélodie aussi pure que douloureuse.

Dietrich BUXTEHUDE (1637-1707) – Heut triumphieret Gottes Sohn – (Trad. Aujourd’hui triomphe le fils de Dieu) – Symphonie
- CHOEUR « Aujourd’hui triomphe le fils de Dieu, qui a vaincu la mort, alleluia! Dans la toute-puissance et la gloire, nous le remercions pour l’éternité. Aleluia! »
- ARIA, CANTO 1 (soprano I, solo) « A présent l’Enfer et la Mort gisent abattus Mort, où est ton cruel pouvoir ? Personne, personne ne doit désespérer,Enfer, on se rit de ton courroux le fils de Dieu a vaincu. Mort et Enfer ont succombé. »
- CHOEUR « Criez victoire avec force L’Enfer est conquis, on a gagné la bataille. »
- ARIA, CANTO 2 (soprano II, solo) « Diable, mets fin à ta fureur, ton pouvoir s’est évanoui. Dieu sait protéger son peuple, c’est lui qui fait mouvoir le monde. Celui qui jadis ébranlait le monde gît secoué maintenant par les tremblements de la peur. »
- CHOEUR « Victoire ! La flèche est brisée Au-dessus de lui se tient le Christ triomphant. »
- TRIO (alto, ténor et basse) « Ainsi les ennemis de la croix du Christ doivent tous avoir le même sort, s’ils s’opposent obstinément à la gloire de Dieu. Qui sait combattre aux côtés du Christ peut aussi apaiser ses ennemis. »
- CHOEUR « Victoire ! Notre courage était brisé, c’est pourquoi Christ combat et triomphe pour nous. »
- DUO (ténor et basse) « Jésus, Jésus, si fort célébré pour sa grâce miraculeuse, tu as réussi contre celui qui t’a calomnié. Veille sur ta gloire, fais croître ta renommée. »
- CHOEUR « Victoire, que s’épanouisse la gloire de Dieu! Péché, Diable et Enfer sont accablés. »
- QUINTETTE (soprano I et II, alto, ténor, basse) « Guide aussi, guide le grand dragon et le démon du monde mauvais et pervers. Etouffe la voix des misérables qui sont inféodés à Satan, pour cela nous te louerons éternellement, Jésus, sur la terre comme au ciel. »
- CHOEUR « Nous chantons haut la victoire et te préparons, Jésus, un concert d’allégresse. Victoire. »
- CHOEUR FINAL « Alleluia ! »

L’Héritage de Jean-Sébastien Bach

20 juillet à la Collégiale de Saint Donat
Thierry Escaich : Orgue ; David Grimal : Violon ; François Salque : Violoncelle

Programme

Thierry Escaich

De Bach à Escaich
- Ouverture improvisée sur le nom de Bach (orgue)
- Prélude en mi mineur d’Eugène Ysaïe Choral « Aus Tiefer Note » (violon, violoncelle)
- Choral à 6 voix « Aus Tiefer Note » de Jean-Sébastien Bach (orgue)
- Sonate n°3 en la majeur de Félix Mendelssohn (orgue) Maestoso, Andante
- Sarabande de la suite en ré mineur de Jean-Sébastien Bach (violon)
- Commentaire improvisé (orgue) Cantus I de Thierry Escaich (violoncelle)
- Sonate en do mineur pour violon et basse continue de Jean-Sébastien Bach Adagio, Allegro
- Choral « Nun Komm der Heiden Heiland » (violon, violoncelle)
- Choral orné « Nun Komm der Heiden Heiland » de Jean-Sébastien Bach (orgue)
- Nun Komm de Thierry Escaich (violon)
- Commentaire improvisé (orgue)
- Choral Jauchz, Erd’ und Himmel, Juble! (violon violoncelle)
- Choral Jauchz, Erd’ und Himmel, Juble ! de Max Reger (orgue)
- Commentaire improvisé à l’orgue Lettres mêlées (extrait du trio avec piano) de Thierry Escaich (violon, violoncelle, orgue)

Francois Salque

Ce concert souhaite mettre en lumière la trace que J.S. Bach a laissé à travers les siècles jusqu’à la musique d’aujourd’hui. La trame de ce concert dépend avant tout d’un enchaînement le plus naturel possible des tonalités des diverses œuvres le composant, ou de leurs différentes ambiances. Et c’est parfois l’improvisation de courtes transitions à l’orgue qui établira un lien entre les atmosphères plus éloignées de certaines de ces pièces. Ainsi donc, le concert peut s’écouter d’une traite, sans interruption comme s’il s’agissait des divers mouvements d’une même œuvre.

Si certains compositeurs se réfèrent à Bach en empruntant uniquement un thème de choral (comme j’ai pu le faire dans la pièce pour violon Nun komm) ou les lettres du nom de Bach (pour l’improvisation initiale), d’autres repartent d’une œuvre même du Kantor (comme ce merveilleux Prélude d’Ysaÿe qui semble prolonger celui de Bach) ou adaptent à l’esthétique de leur époque sa technique d’écriture. Ainsi, Mendelssohn fait revivre l’art de la double fugue dans un contrepoint savant qui rappelle Bach mais préfigure autant Liszt par sa fougue et son esprit symphonique.
Quant à Reger, sorte de « réincarnation » de Bach dans un XIXe siècle finissant, il semble pousser jusqu’à l’épuisement cet art du choral dont il conserve la rigueur germanique mais qui l’habite dans une démence et une profusion inouïes. Enfin dans l’adaptation d’une partie de mon trio Lettres mêlées (initialement pour piano, violon, violoncelle), c’est comme une sorte de citation lointaine et déformée qu’apparaît l’univers de J.S. Bach, cette fois confronté à des modes d’expressions plus actuels parfois aux limites du jazz. Thierry ESCAICH

Marie-Claire ALAIN

Mercredi 22 juillet à la Collégiale de Saint-Donat

Marie-Claire Alain : Orgue

Programme

Bach – Alain – Concert présenté par Gilles Cantagrel

Marie-Claire ALAIN

* Johann Sebastian BACH (1685 – 1750)
Fantaisie et Fugue en Sol mineur, BWV 542
Olivier Alain écrit :

Voici l’une des pages les plus magistrales de la maturité de Bach. On peut y imaginer la profonde méditation inspirée à Jean-Sébastien par la mort de sa femme, Maria Barbara, dont il apprend le décès au retour de son voyage en Allemagne du Nord. Le drame intérieur de cette page nous entraine fort loin dans les profondeurs de l’âme.
Que dire de l’originalité saisissante de l’harmonie, de la concentration terrible de l’esprit qui conduit cette déambulation musicale à travers un sombre rêve où seule la science de l’artiste réussit à se frayer un chemin. Le thème de la Fugue fut, dit on, proposé à Bach par le critique et violoniste MATTHESON, pour une improvisation à Hambourg. Ce thème est dérivé d’un chant populaire hollandais : « Ik ben gegroet ».
La perfection formelle de cette œuvre en fait un modèle du genre. Dans cette étonnante construction, les jeux intellectuels se font oublier au profit d’une merveilleuse pulsation rythmique, qui transforme cette fugue savante en une danse aux mille facettes décoratives.

Trois Préludes de Chorals sur « Allein Gott in der Höh sei Ehr » (trad. Gloire à Dieu au plus haut des cieux.)
Ces trois Chorals sont dédiés aux trois personnes de la Trinité : Père, Fils, Esprit, et se terminent par une invocation pour la Paix;
- BWW 662, CF (le chant) au Soprano, Dieu Le Père, qui commande au monde; le thème du Choral est orné par la voix supérieure.
- BWV 663, CF au Ténor, Dieu, le Fils, Jésus-Christ voix médiane, Prière pour le Pardon et le sacrifice.
- BWWV 664 TRIO, à l’Esprit Saint le réconfort, qui nous défend de la puissance du diable.

* Jehan ALAIN (1911 – 1940)
Musicien rare, poète incandescent, Jehan Alain avait tout pour devenir l’un des grands créateurs de son siècle. Le sort en décida autrement : il mourut au champ d’honneur le 20 juin 1940, dans un acte d’héroïsme, au cours d’une importante mission en tant qu’agent de liaison motocycliste. Il avait 29 ans.
Son œuvre est maintenant jouée dans le monde entier, pour l’orgue, le piano, les voix, l’orchestre… Ses «Litanies» sont une des pièces d’orgue les plus souvent jouées au monde.
Henri DUTILLEUX, en 1990, composa un «Hommage à Jehan Alain», avouant «J’étais hanté par le souvenir de Jehan Alain».
Marie-Claire Alain est, elle-même, hantée par le souvenir de son grand frère (il avait 15 ans de plus qu’elle) qui fut, dans la joie, son initiateur musical et culturel ; au cours de son enfance et de son adolescence dans la maison familiale où il la « stylait » musicalement, tout en esquissant des dessins féeriques et en récitant des poésies et concluait sur une improvisation à grand spectacle. Il aimait à rire, autant qu’à créer.

- Variations sur un thème de Clément Jannequin, JA118,
Jehan découvrit ce thème dans un recueil de chansons anciennes ayant appartenu à sa grand-mère maternelle.
Le thème (qui n’est pas de Clément Janequin) est une chanson d’amour profane, dont voici quelques extraits du poème :
L’espoir que j’ai d’acquérir votre grâce
Et déjouir du bien que je pourchasse
Me tient sospens, en attendant,
En attendant votre appoint
Mais, si de bref vous ne venez au point
Force sera, force sera que d’amour je me lasse.

Jehan n’osa pas publier ces variations avec ce texte d’amour… Qui aurait interdit qu’on jouât cette pièce en une église!
C’est pourquoi il garda la référence musicale : le thème
Ces Variations sont un hommage rendu aux Maîtres anciens Français qu’Alain admirait et pratiquait.
On y entend Récit de hautbois, cromorne en taille, Récit de Cornet ; Un épisode canonique prépare la conclusion en douceur.

- Le Jardin Suspendu, JA 71
Le Jardin suspendu, c’est l’idéal perpétuellement poursuivi et fugitif de l’artiste, c’est le refuge inaccessible et inviolable», écrit Jehan Alain en tête de sa partition.
Le sous-titre «Chacone » indique un ostinato. Il y a cinq présentations de ce thème obstiné, chaque fois différentes. Une atmosphère de rêve baigne cette pièce solidement charpentée.

- Deuils (danse funèbre pour honorer une mémoire héroïque)
C’est une version plus récente de la deuxième des « TROIS DANSES » pour orgue.
On peut lire sur la partition «cette deuxième Danse » peut être jouée isolément sous le titre : Danse funèbre pour honorer une mémoire héroïque.
Jehan pensait sans doute au décès de notre sœur Marie-Odile, tombée en montagne en essayant d’enrayer une chute de notre frère Olivier, qui fut sauvé par son geste.

* Johann Sebastian BACH (1685 1750)

Trois Préludes de Chorals :
- BWW 667 Komm, Gott, Schöpfer,
Prière à l’Esprit Saint, Début et Fin de chaque office religieux. Sur un rythme ternaire sont scandées les prières des paroissiens : «Seigneur Jésus-Christ, tourne-toi vers nous. Envoie nous ton Esprit Saint. Qu’il nous guide de son aide et de sa grâce, et nous montre le chemin de la Vérité».
La Pédale de l’orgue fait entendre le thème du choral en valeurs longues sur une trompette en conclusion glorieuse.

- BWV 658, Von Gott will ich nicht lassen
De Dieu, je ne veux pas me séparer. Cantus Firmus à la Pédale. La Pédale de l’orgue doit Faire chanter le Thème au complet, un rythme obstiné aux mains indique la volonté d’obéissance.
«De Dieu je ne veux pas me séparer car il ne m’abandonne pas. Il me conduit sur les droits chemins … Sans lui je serais perdu. Du soir au matin Il prend bien soin de moi, en quelqu’endroit que je me trouve».

- BWV 653. An Wasserflüssen Babylon. a 2 clav. e Pedale
Aux rives du fleuve de Babylone, nous étions assis en notre douleur lorsque nous pensions à Sion, nous pleurions du fond du cœur.
Nous avons suspendu avec dure amertume, nos harpes et nos belles flûtes sur les branches des saules qui se trouvent dans leur pays.
Là nous avons enduré beaucoup de honte et d’humiliation, chaque jour de la part de nos maîtres.

* Jehan ALAIN (1911 1940)
- Choral Dorien, JA67
Pour ce choral au style processionnel, Jehan Alain adopte le mode grec de MI, caractérisé par une gamme descendante de Mi Sans FA #.
Cet intervalle de demi-ton est imposé à la basse et génère des modulations sévères, mais savoureuses.

- Deux danses à Agni Yavishta, JA 77 78
Influencé par l’Exposition Coloniale de 1931, Alain aimait l’exotisme. Il aimait aussi le feu, principe de vie et de couleur. Il dédie ses Deux Danses au Dieu Hindou du Feu : Agni, le très jeune.
Agni crépite et flamboie dans la Danse, d’écriture polytonale. Il s’apaise et reprend vie par moments au cours de la seconde. Après un dernier éclat, il s’endort sur un accord dissonant.

- Deuxième fantaisie, JA 117
Ecrite sur deux thèmes, le premier rappelant le chant grégorien, le deuxième, le folklore hébraïque est certainement une des œuvres les plus achevées d’Alain, par son originalité de langage, l’équilibre de sa structure et l’intensité de son inspiration.

- Litanies, JA 119
Une œuvre jouée dans le monde entier. Dédicace de l’auteur «Quand l’âme chrétienne ne trouve plus de mots nouveaux dans sa détresse pour implorer la miséricorde de Dieu, elle répète sans cesse le même invocation avec une foi véhémente. La raison atteint ses limites. Seule la Foi poursuit son ascension ».

Jean-Baptiste Dumora et l’Ensemble Unisoni

Jeudi 23 juillet à la Collégiale Saint Barnard de Romans
Direction V. Dulac, A.-C. Vinay

Programme

Jean-Baptiste DUMORA

Johann Sebastian Bach : cantate «Ich habe genug» + pièces instrumentales

- Sonate n°1 pour Violoncelle et Clavier en sol majeur, BWV 1027
Adagio- Allegro ma non tanto – Andante – Allegro moderato
Bach écrit ces sonates à Köthen entre 1717 et 1723, elles furent vraisemblablement interprétées par le virtuose de la cour C.F. Abel ou le prince Leopold en personne.
Il s’agit de sonates en trio où Bach procède à une adaptation très subtile, répartissant comme suit les différents rôles : la main droite au clavecin, placée dans le registre le plus aigu, la deuxième voix est confiée au violoncelle tandis que la basse est jouée par la main gauche du clavecin.

- 1er mouvement de la Sonate pour Hautbois et basse continue en sol mineur BWV 1030
Cette pièce écrite en si mineur pour flute et clavecin nous est parvenue également écrite pour le hautbois en sol mineur.
Le premier mouvement, d’une écriture très complexe développe un discours très riche en imitations contrapuntiques et ornementations à l’italienne.

Ensemble UNISONI

- Prélude, Fugue et Allegro en mi bémol majeur, BWV 998 (orgue)
Ce manuscrit autographié J. S. Bach, Prelude pour la Luth. ò Cèmbal datant probablement des années 1740 est conservé au Japon (Ueno-Gakuen, Tokyo).
Ces trois mouvements sont assez peu commodes pour les luthistes, mis à part le prélude ; de même, un autre indice laisse croire que cette suite a été écrite pour clavier car à la fin de l’allegro, Bach, manquant d’espace, utilise la tablature pour clavier.

- Cantate BWV 82 pour basse, hautbois et continuo (Création Leipzig dimanche 2 février 1727)
Bach appréciait beaucoup cette cantate, il en fit plusieurs versions pour basse, soprano, mezzo-soprano, avec des instrumentations différentes.
Deux mouvements ont été recopiés dans le Klavierbüchlein pour Anna Magdalena Bach.
- « Il ne me faut plus rien, le sauveur, l’espoir des croyants, je l’ai pris dans mes bras désireux, j’ai pu le voir, ma Foi m’a fait presser Jésus sur mon coeur ce que je désire maintenant, c’est dès aujourd’hui avec joie quitter ces lieux. »
- Récit : « Il ne me faut plus rien! Mon seul espoir est d’être désormais avec Jésus. Je Le tiens dans ma Foi et comme Simeon je vois déjà la joie de cette vie au-delà. Avec joie je dirai ô monde il ne me faut plus rien. »
- Air : « endormez-vous mes yeux fatigués, fermez-vous avec douceur et paisiblement, monde je ne resterai plus ici puisque avec toi je ne partage plus rien qui fasse du bien à mon âme… »
- Récit : « mon Dieu quant arrivera ce beau „Maintenant“ de paix, de repos dans la Foi, en Ton sein? Les adieux sont faits ô monde, bonne nuit. »
- Air : « Je me réjouis de ma mort, puisse-t-elle m’être déjà survenue. »
Sites Web de Jean-Baptiste DUMORA et L’Ensemble UNISONI

Magali Léger (soprano) et l’Ensemble Unisoni

Vendredi 24 juillet à la Collégiale de Saint-Donat
direction V.Dulac, A.-C. Vinay

Programme

Haendel : Salve Regina, Gloria ; Bach, Vivaldi, Geminiani : pièces instrumentales

Georg Friedrich HAENDEL (1685-1759)
En octobre 1706, à l’invitation du prince Jean Gaston de Médicis, le jeune Haendel âgé de 21 ans partit pour l’Italie où il passa trois ans.
Ce séjour fut décisif dans l’évolution de son style et de sa carrière, il restera marqué pendant tout le reste de son existence par ces années de jeunesse
passées dans la « patrie » de la musique et par l’influence profonde qu’avaient exercée sur lui les compositeurs majeurs tels que Corelli et Alessandro Scarlatti.
Le Salve Regina, date de cette époque, la datation du Gloria in excelsis est plus controversée,
il pourrait dater de cette période italienne mais aussi d’une période antérieure à Hambourg vers 1705 ou plus tôt encore à Halle, ville de son enfance.

- Salve Regina (HWV 241)
- Concert spirituel pour soprano solo avec cordes (2 violons, violoncelle) et orgue
- Salve Regina, mater misericordiae / Ad te clamamus: Largo / Adagio
- Eia ergo avvocata nostra : Largo
- O clemens, o pia, o dulcis : Adagissimo

Magali LEGER

- Gloria in excelsis Deo (HWV deest) : « Deest » en latin signifie manquant comme l’était cet opus dans le catalogue des œuvres du compositeur c’est une pièce composée de sept mouvements pour soprano solo, deux violons et basse continue. La partition a été retrouvé à la fin des années quatre-vingt-dix dans la bibliothèque de la Royal Academy of Music de Londres et authentifiée par le professeur Hans Joachim Marx de l’université de Hambourg.
- Gloria in excelsis Deo
- Et in terra pax
- Laudamus te
- Domine Deus, rex coelestis
- Qui tollis peccata mundi
- Quoniam tu solus sanctus
- Cum Sancto Spiritu in Goria Dei Patris
- Amen

A propos des sonates pour violoncelle et basse continue : L’Italie, patrie du violoncelle et de son développement en temps qu’instrument soliste depuis le XVII°, se voit couronnée d’une abondante littérature solistique. On y trouve d’ailleurs une école de virtuoses-compositeurs qui va très vite rayonner dans toute l’Europe. Dans la seconde moitié du XVIII° siècle, des sonates pour violoncelle et basse continue seront composées dans plusieurs pays et l’Italie devra partager sa renommée dans ce domaine notamment avec la France.

Francesco GEMINIANI (1687-1762)
- Sonate n° 2 en ré mineur Opus 5 pour Violoncelle et continuo (Andante – presto – adagio – allegro)
«Mon très estimé ami et maître, j’espère que vous ne dédaignerez pas le désagrément que je vous procure par la présente, laquelle n’est pas seulement pour vous informer d’avoir prêt les livres de sonates pour violoncelle, afin de les envoyer à Londres. Je ne doute pas qu’elles seront reconnues par le public comme n’étant point inférieures à aucune de ma production.»
Ainsi écrit Geminiani le 10 janvier 1747 à son ami et ex-élève Joseph Kelway, en témoignant de la haute considération que le maître italien avait de son opus V.
Les VI sonates furent publiées en 1746 et dédiées au Prince d’Ardore, Ambassadeur Extraordinaire de sa Majesté Napolitaine et Sicilienne à la Cour de France.
Contrairement à son désir, elles n’eurent pas le succès attendu.
Par rapport à ses œuvres précédentes, les mélodies deviennent tortueuses et imprévisibles et l’atmosphère d’improvisation et de haute ornementation écrite désoriente le public.
Cette nouvelle force expressive peut pourtant amener à considérer que ces sonates représentent le plus important recueil pour violoncelle de l’époque.

Antonio VIVALDI (1678-1741)
- Sonate n°6 en si bémol majeur pour violoncelle et continuo (Largo – allegro – largo – allegro)
En décembre 1740, l’annonce de la toute première édition des sonates pour violoncelle et basse continue a dû constituer un véritable événement.
Le compositeur avait acquis une telle célébrité que le succès pour l’éditeur était garanti.
Ces neuf sonates sont un exemple merveilleux du génie de Vivaldi car le « Prêtre Roux » se livre à un jeu de composition d’une grande spontanéité. Elles ne constituent aucune nouveauté au terme de forme et présentent 4 mouvements comme les sonates d’église lent/vif/lent/vif. Clarté, contrastes, lyrisme règnent tout au long de ces sonates. On y trouve une certaine mélancolie, des intenses chromatismes et des intervalles augmentés des plus profondes mélodies propres à Vivaldi. Un autre élément important est celui de la danse, omniprésente dans les mouvements rapides tel de grisantes rondes de carnaval.

- La Follia sonata Opus 1 n° 12 en ré mineur RV 63
Parmi les œuvres instrumentales de Vivaldi qui nous sont parvenues, figurent 27 sonates en trio écrites pour deux violons avec ou sans basse. Douze d’entre elles furent publiées en 1705 par l’éditeur vénitien Sala et devinrent l’opus 1. Si la Follia apparaît au Portugal à la fin du XV ème siècle, on rattache plutôt cette danse à la tradition espagnole. Nommée follia en Italie elle désigne un thème à variations sur une forme de basse obstinée à 3 temps qui connue un succès phénoménal à l’époque baroque. Dans la sonate de Vivaldi, le thème de la Follia est exposé Adagio puis fait l’objet de 19 variations de 16 mesures dans des mouvements divers tous en ré mineur, alternant lents et vifs.

Johann Sebastian BACH (1685 1750)
- Sonate en trio pour orgue en ré mineur BWV 527 (Andante – Adagio e dolce – Vivace)
Les sonates en trio pour orgue sont le sommet de l’art du contrepoint à exécuter par un unique interprète. Elles nécessitent une grande maîtrise et une grande concentration du fait de l’indépendance requise pour jouer chacune des trois voix simultanément : une voix pour la main gauche, une voix pour la main droite et une voix au pédalier. Elles constituent sur le plan purement musical un essai de synthèse entre le style rigoureux contrapuntique et le style galant italien.
Plusieurs sonates en trio d’orgue ont été transcrites pour deux dessus et basse d’archet ou basse continue, constituant un vivier certain pour les instrumentistes étant donné le peu de compositions de la part de Bach dans ce domaine.
Cette sonate en trio est transcrite pour deux dessus et basse d’archet (ou clavier) ; Elle est composée de trois mouvements : Andante – Adagio e dolce – Vivace

Iwamura & Chevalier

Dimanche 26 juillet 2009 : Eglise de Manthes
Sophie Iwamura : violon ; Denis Chevalier : clavecin

Programme

Bach, Scarlatti, Biber : sonates et partitas

Sophie IWAMURA

Johann Sebastian BACH (1685 1750)
- Sonate pour violon et clavecin n° 4 en do mineur – Largo, allegro, adagio, allegro.
Les 2 mouvements lents de cette sonate sont composés d’une grande ligne de violon sur des arpèges de clavecin,
type d’écriture qui sera largement reprise par les successeurs de Bach dans le courant du XVIIIème siècle.
Les 2 mouvements rapides, comme souvent chez Bach, sont fugués et assez chromatiques, le clavecin « ouvrant le bal » les 2 fois.

Heinrich Ignaz Franz BIBER (1644-1704)
- Passacaille pour violon seul en sol mineur
Cette pièce, pierre de touche du répertoire pour violon, par ailleurs l’une des premières pièces pour violon seul, polyphonique,
est faite de variations sur une basse toujours identique, qui alternent moments dépouillés et passages au contraire très denses.

Johann Sebastian BACH (1685 1750)
- 2 chorals de l’Orgelbüchlein : Vater unser im Himmelreich, BWV 683 ; Wenn wir in höchsten Nöten sein, BWV 641
Dans ces deux chorals, originalement pour orgue, la mélodie du choral, main droite de l’orgue, est jouée au violon, et la main gauche et le pédalier, par le clavecin.
- Prélude de la suite anglaise en la mineur BWV 807

Denis CHEVALIER

Carl Philipp Emanuel BACH (1714-1788)
- Adagio en la mineur extrait de la sonate en do majeur Wq 82

Domenico SCARLATTI (1685-1757)
- Sonate en la majeur K 380
Ces 3 pièces pour clavecin ont été rassemblées pour reformer ce qui s’appelle à l’époque une « suite », à savoir plusieurs pièces dans le même ton (ici, la majeur ou mineur), mais avec des caractères et rythmes différents, et dans ce cas, également des styles différents, puisque se joignent au « grand » Bach un de ses fils les plus doués, Carl Philip, et Domenico Scarlatti, son exact contemporain italien-né aussi en 1685.
Le prélude de la suite anglaise est comme souvent dans ces suites, très développé, et de style concertant, le clavecin faisant bien sûr et les soli et les tutti, comme dans le concerto italien du même Bach. L’adagio de CPE est caractéristique du style préromantique, dénommé alors « Sturm und Drang », littéralement « tempête et élan passionné » : bien que largement antérieur au romantisme, ce style en a déjà toute la palette expressive, pouvant se faire tour à tour fougueux ou alangui. La sonate de Scarlatti qui sert de final, comporte une partie centrale très modulante, aux harmonies étonnantes comme sait si bien les manier Scarlatti, avant de revenir à un la majeur rayonnant.

Johann Sebastian BACH (1685 1750)
- Sonate pour violon et clavecin n° 6 en sol majeur (2éme version) – Allegro, largo, « cembalo solo », adagio, « violino solo e basso l’accompagnato », da capo du premier Allegro.
Cette dernière sonate pour violon et clavecin de Bach est présentée dans sa deuxième version, assez différente de la première puisque seuls les 2 premiers mouvements sont identiques.
Après un premier mouvement jubilatoire, le mouvement lent contraste par son recueillement ; Bach met ensuite en avant tour à tour le clavecin, seul dans une pièce qui est également la courante de la suite française en mi mineur, puis après un adagio très chromatique, le violon dans un allegro où le clavecin se cantonne dans un rôle d’accompagnement. Le tout se clôt par un rappel du premier mouvement.

Ensemble Unisoni

Mardi 28 juillet 2009 : Collégiale de Saint-Donat
Ensemble « Unisoni », direction V. Dulac, A.-C. Vinay
Birgit GORIS ; Patrick RUDANT : flûte ; François COSTA : violons ; Myriam BIS-CAMBRELING : alto ; Valérie DULAC : cello ; Michaël CHANU : contrebasse ; Anne-Catherine VINAY : clavecin

Programme

Bach : suite n°2 en si mineur, concerto Brandebourgeois n°5
Ligeti : Continuum pour clavecin

György LIGETI (1923-2006)
- Continuum pour Clavecin
Composée en janvier 1968, à la demande d’Antoinette Vischer, la pièce est techniquement conçue pour le clavecin. Il faut jouer dans la même position sur les deux claviers.
D’où les effets « couverts », parfois même des intonations, mais l’une poussant l’autre et sans mouvement réel. Un mouvement « idéal » provient alors de la superposition des tonalités,
comme deux vagues qui s’accordent l’une l’autre puis se repoussent. Il est possible de jouer encore plus vite au clavecin qu’au piano, avec une grande rapidité, avec une légèreté extrême du toucher.
Cette vitesse aboutit à la fusion des sons successifs, de telle manière que le vol du prestissimo donne l’impression d’une quasi immobilité.
« Mais cette immobilité, si souvent reconnue dans mes œuvres, cliquette et bourdonne ici comme un fantôme, cela grâce au clavecin ».

Johann Sebastian BACH (1685 1750)
- 5 ème concerto Brandbourgeois en ré majeur pour flûte, violon et clavecin concertants, violon, alto, violoncelle et contrebasse – Allegro – Affettuoso – Allegro
Une grande cadence virtuose dans l’allegro introductif, une présence continue dans toute l’œuvre : la présence de la flûte et du violon dans le concertino soliste ne peut pas masquer que ce concerto est pour l’essentiel un concerto soliste pour clavecin, et ainsi historiquement le premier concerto pour clavier et orchestre.

- Sonate en Trio en Do majeur pour deux violons et continuo BWV 1032 – Vivace – Largo et dolce – Allegro
Cette sonate est écrite à l’origine pour viole de gambe et clavecin. Dans cette version, composée de deux voix mélodiques accompagnées d’une basse continue,
le nom trio vient de l’écriture, et n’est donc pas forcément liée au nombre des exécutants.

György LIGETI (1923-2006)
- 1er mouvement de la sonate pour violoncelle
Les deux mouvements de cette sonate ont été composés à cinq ans d’intervalle. Le premier mouvement adagio, rubato et cantabile fut écrit lorsque le compositeur avait 25 ans. Cette sonate pour violoncelle, qui n’a pas été jouée avant 1983 montre un digne héritage des compositeurs Bela Bartok et Zoltan Kodaly, notamment dès le premier son de l’instrument : un pizzicato glissando sur trois cordes, technique utilisée pour la première fois dans le dernier quatuor à corde de Bartok.

Johann Sebastian BACH (1685 1750)
- Suite en si mineur pour orchestre: flûte, 2 violons, alto et Basse Continue – Ouverture – Rondeau – Sarabande – Bourrée 1 et 2 – Polonaise – Double – Menuet – Badinerie
Johann Sebastian Bach a composé quatre suites pour orchestre, aussi surnommées Ouvertures en raison de l’importance du premier mouvement. Les suites sont composées d’une succession de danses variées, le premier mouvement étant toujours une ouverture constituée de deux parties : une lente et une rapide en forme de fugue. Écrite à l’origine pour traverso, cordes et continuo, cette suite en si mineur de Jean-Sébastien Bach, comme toutes ses suites d’orchestre, est nettement influencée par la musique française.

 

 

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Festival Bach 2017, Thierry ESCAICH Académie d'improvisation à l'Orgue